Communauté Comment la santé des personnes d’expression anglaise se compare-t-elle à celle des personnes d’expression française au Québec? juin 5, 2026 CHSSN Communauté Comment la santé des personnes d’expression anglaise se compare-t-elle à celle des personnes d’expression française au Québec? Table of Contents Aperçu des résultats de l’enquête L’importance de la santé mentale Et maintenant? L’Institut de la statistique du Québec a récemment publié un rapport portant sur la santé des personnes d’expression anglaise au Québec, à partir des résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) 2020-2021. Réalisée entre novembre 2020 et décembre 2021 auprès de 47 153 personnes âgées de 15 ans et plus, l’enquête examine plusieurs dimensions liées à la santé, notamment les habitudes de vie, la santé physique, la santé mentale, la santé au travail et le bien-être social. Le rapport tient également compte de facteurs comme l’âge, le niveau de scolarité et le revenu du ménage afin de mieux comprendre les différences observées entre les groupes linguistiques. Les résultats permettent ainsi de mieux saisir certaines réalités vécues par les communautés d’expression anglaise et mettent en lumière des écarts importants entre les populations anglophones et francophones. La population étudiée comprenait des personnes parlant principalement l’anglais à la maison (9 %), principalement le français (75 %), les deux langues (11 %), ou une autre langue — ou plusieurs langues — à la maison (5 %). Les résultats ont également été analysés selon : le genre; le groupe d’âge (15 à 24 ans, 25 à 44 ans, 45 à 64 ans, 65 ans et plus); le niveau de revenu du ménage; le niveau de scolarité. L’enquête révèle que les personnes parlant principalement anglais à la maison présentent généralement des niveaux de scolarité et de revenus plus élevés. Une plus grande proportion détient un diplôme universitaire, tandis qu’une plus faible proportion ne possède pas de diplôme d’études secondaires. À première vue, ces constats pourraient laisser croire à de meilleurs résultats globaux en matière de santé. Le rapport présente toutefois un portrait plus nuancé, particulièrement en ce qui concerne la santé mentale et le bien-être. Aperçu des résultats de l’enquête Le rapport s’est d’abord penché sur les habitudes de vie, qui jouent un rôle important dans la santé physique, mentale et sociale. Proportionnellement à la population sondée, les personnes parlant principalement anglais à la maison étaient généralement plus actives physiquement et moins susceptibles d’utiliser des produits du tabac, comme les cigarettes ou les produits de vapotage. Une plus forte proportion de ces personnes appartenait également aux groupes à revenu élevé. Les résultats montrent aussi qu’un plus grand nombre de personnes parlant principalement anglais à la maison percevaient leur état de santé général comme étant « excellent » ou « très bon ». Cependant, les personnes parlant principalement français à la maison se disaient davantage satisfaites de leur poids et étaient plus nombreuses à évaluer positivement leur santé buccodentaire. Les écarts les plus marqués observés dans le rapport concernaient la santé mentale et le bien-être au travail. Les personnes parlant principalement anglais à la maison rapportaient davantage de symptômes d’anxiété généralisée, de détresse psychologique, de stress post-traumatique et de pensées suicidaires sérieuses. Elles étaient également plus nombreuses à éprouver des difficultés à concilier leur vie personnelle et professionnelle et à ressentir un plus faible niveau d’autonomie dans leur milieu de travail. À l’inverse, les personnes parlant principalement français à la maison exprimaient un niveau de satisfaction plus élevé à l’égard de leur vie sociale. L’importance de la santé mentale Bien que certains indicateurs suggèrent des résultats positifs en matière de santé physique chez les personnes d’expression anglaise, le rapport souligne l’importance d’aller au-delà des seuls indicateurs physiques. La santé est influencée par une variété de facteurs sociaux, économiques et systémiques, y compris la langue et l’accès aux services. Les résultats démontrent que la langue peut influencer les expériences vécues dans les milieux de soins, les environnements de travail et la vie quotidienne. Ils rappellent également l’importance de pouvoir accéder à des services dans une langue dans laquelle les personnes se sentent à l’aise, comprises et soutenues. Le rapport met en évidence le besoin continu de services de santé mentale accessibles et inclusifs qui reflètent les réalités des communautés d’expression anglaise à travers le Québec. Le bien-être au travail demeure également un enjeu important pour les discussions futures et les interventions en santé publique, particulièrement dans un contexte où l’équilibre travail-vie personnelle et les relations sociales jouent un rôle essentiel dans la santé mentale globale. Et maintenant? Ces résultats rappellent l’importance de mettre en place des politiques inclusives, des services accessibles et des espaces communautaires qui tiennent compte des réalités des diverses populations du Québec. Ils nous rappellent également que la langue est bien plus qu’un simple outil de communication : elle peut aussi influencer les expériences et les résultats en matière de santé. Alors que les discussions entourant l’équité en santé se poursuivent, des rapports comme celui-ci contribuent à une meilleure compréhension des réalités vécues par les différentes communautés à travers la province. En poursuivant les efforts visant à offrir des services et du soutien dans des environnements où chaque personne se sent écoutée, comprise et respectée, nous pouvons contribuer à bâtir des communautés plus fortes et en meilleure santé pour tous. Consultez le rapport complet ici → Share This Article Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email