Jeunes Non classifié(e) L’espoir comme infrastructure : ce que les jeunes nous apprennent en période de polycrise mai 26, 2026 Amy Bilodeau Jeunes L’espoir comme infrastructure : ce que les jeunes nous apprennent en période de polycrise Table of Contents À quoi peut ressembler le travail autour de l’espoir à différents niveaux Les jeunes peuvent être les architectes du possible : utiliser les structures de l’espoir pour bâtir des futurs courageux Les jeunes d’aujourd’hui grandissent dans ce que de nombreuses organisations en santé mentale décrivent désormais comme une polycrise— une convergence de pressions sociales, environnementales, économiques et psychologiques qui s’entrecroisent et s’amplifient mutuellement. L’anxiété climatique, la surcharge numérique, la polarisation croissante, la précarité économique et l’instabilité mondiale façonnent leur quotidien. Il n’est donc pas surprenant que cela mène à un désengagement ou à une perte d’espoir lorsque les défis semblent insurmontables (Ma voix compte 2025, RCJEQ). Et tandis que des acteurs jeunesse majeurs comme la Coalition Inter Jeunes se mobilisent autour d’enjeux structurels urgents — de l’insécurité alimentaire et la crise du logement en passant par l’itinérance, la montée de l’intolérance et la défense des droits humains — Il importe aussi de reconnaître le paysage émotionnel et psychologique que les jeunes traversent sous ces pressions. Dans ce contexte, l’espoir doit être cultivé comme une forme d’infrastructure communautaire — à la fois facteur de protection et priorité de santé publique. Au RCSSS/CHSSN, notre vue d’ensemble sur les jeunes d’expression anglaise à travers le Québec confirme cette réalité. Leur bien-être dépend non seulement de leur résilience individuelle, mais aussi des écosystèmes qui les entourent : familles, écoles, réseaux de pairs, organismes communautaires et l’ensemble du système de santé et de services sociaux. C’est pourquoi les outils qui aident les jeunes à se reconnecter au sens, à leur pouvoir d’agir et à la communauté sont plus importants que jamais. L’un de ces outils est Tracer sa voie vers l’espoir, un pas à la fois, développé par le Mouvement Santé mentale Québec en collaboration avec CAP Santé Outaouais, puis traduit en anglais par la CHSSN. Bien que l’activité soit simple, la réflexion qui la sous-tend s’inscrit dans un virage plus large vers des approches relationnelles, axées sur les forces et enracinées dans la communauté en santé mentale jeunesse. À quoi peut ressembler le travail autour de l’espoir à différents niveaux À la suite d’une rencontre provinciale des réseaux de services intégrés jeunesse (RSIJ) — ces québécois qui réunissent les secteurs de la santé, des services sociaux et du communauaire autour des enjeux jeunesse — où l’espoir était au cœur des discussions, notamment à travers le Portrait Jeunesse et Santé Mentale du Mouvement Jeunesse Santé Mentale, j’ai réalisé quelque chose d’essentiel : L’espoir ne se construit pas en un seul endroit. Il prend forme à travers les différentes couches de l’écosystème jeunesse, où chaque niveau contribue à l’échafaudage qui lui permet de tenir : des appuis structurels, des points d’ancrageet un socle collectif solide. Les agents communautaires au sein du réseau élargi+ Dans cetécosystème, les agents communautaires jouent un rôle essentiel pour transformer l’espoir en capacité collective. À ce niveau, l’espoir se traduit par: La création d’ une cartographie partagée des servicesLorsque les jeunes font face à des parcours de soins complexes et en plusieurs étapes, le processus lui-même peut devenir une source de détresse. Un accompagnement coordonné et continu permet d’alléger ce fardeau et de raviver la confiance. La reconnaissance des effets néfastes du travail en siloDes services peu coordonnés obligent les jeunes à répéter leur histoire à des intervenants qui ne comprennent pas toujours leur réalité. Cette discontinuité fragilise la confiance et accentue les déséquilibres de pouvoir. Les trajectoires intégrées visent à rétablir cette continuité. La moblisation des partenaires diversifiés dont l’expertise reflète les réalités des jeunesLorsque les services ne correspondent pas aux expériences vécues, les conséquences peuvent être graves : isolement, perte de logement, désengagement. Les équipes doivent comprendre l’intersectionnalité, l’identité et les obstacles structurels auxquels les jeunes sont confrontés. La formation en anti-oppression permet d’éviter la reproduction involontaire des inégalités. Les pratiques culturellement adaptées améliorent directement les résultats dans les communautés marginalisées.Comme l’a exprimé un jeune dans le Portrait Jeunesse et Santé Mentale 2025 : « Quand l’aide est plus traumatisante que ta maladie mentale, tu trouves d’autres façons de t’aider — souvent d’une manière qui te nuit encore plus. » L’investissement dans la collaboration et le partage de connaissancesLes jeunes soulignent constamment l’importance de la communication entre intervenants et entre organisations. Une approche interdisciplinaire favorise la cohérence des trajectoires de soins et élargit les réseaux de soutien. La prescription sociale — qui consiste à orienter les personnes vers des ressources communautaires complémentaires — en est un exemple. Au niveau des groupes, des pairs, des familles et des écoles+ L’espoir se cultive dans la communauté — dans ces environnements quotidiens où les jeunes découvrent si leur voix compte et si leurs expériences sont prises au sérieux. À ce niveau, l’espoir prend forme à travers : La création d’ espaces où les jeunes peuvent nommer ce qu’ils portentNormaliser la conscience émotionnelle dans les classes, les centres communautaires, les équipes sportives et les programmes jeunesse ouvre la voie à des conversations honnêtes sur le bien-être. La modélisation d’une écoute non jugeante chez les adultesLa déstigmatisation commence par le langage et les attitudes que nous adoptons. Les jeunes soulignent la nécessité de tisser des liens intergénérationnels : « Les jeunes veulent qu’on prenne le temps d’expliquer les choses en profondeur… Leurs émotions sont souvent incomprises. Les parents (et même les professionnels!) minimisent des enjeux comme la guerre ou la crise climatique, jugent leurs choix et identités, rient de leurs émotions ou les enferment dans des étiquettes. » – Portrait Jeunesse et Santé Mentale, 2025 Le développement du soutien entre pairsUne présence compatissante — sans comparaison, minimisation ou conseils non sollicités — réduit la honte et favorise la solidarité. La connexion est l’un des plus puissants facteurs de protection. La création d’occasions pour les jeunes d’agir et de participer aux décisionsLe pouvoir d’agir se développe lorsque les jeunes peuvent poser des gestes significatifs, même petits, pour améliorer leur bien-être ou contribuer à leur communauté. Il s’approfondit lorsqu’ils participent aux décisions qui les concernent. Au niveau de l’intervention individuelle+ L’espoir devient personnalisé et concret — construit dans des relations où les jeunes se sentent vus, respectés et soutenus. À ce niveau, l’espoir prend forme à travers : La reconnaissance de leur souffrance « Pour les jeunes, être écouté et compris lorsqu’ils souffrent est une marque de respect. » – Portrait Jeunesse et Santé Mentale, 2025 L’écoute des jeunes comme experts de leur propre vieReconnaître la légitimité de leur perspective nourri la confiance. Les approches informées par les traumatismes et la réduction des méfaits recentrent la personne et son contexte. Les jeunes ayant une expérience vécue sont particulièrement bien placés pour identifier les problèmes et coconstruire des solutions. Le partage du pouvoir décisionnel mène systématiquement à de meilleurs résultats. Le retrait des obstacles à la participationLes services doivent être accessibles — physiquement, émotionnellement, culturellement et linguistiquement. L’identification, avec les jeunes, de ce qui fonctionne déjà — et des forces qu’ils possèdentCartographier les stratégies, relations et environnements qui leur apportent de la stabilité, tout en nommant les forces qu’ils ne voient pas encore, transforme le récit de « Je suis dépassé » à « J’ai des capacités sur lesquelles je peux m’appuyer ». L’accompagnement vers un petit pas réalisableLe pouvoir d’agir se reconstruit par des actions accessibles aujourd’hui. De petits moments significatifs — une conversation, un choix, un geste de soutien — peuvent avoir un impact disproportionné sur leur sentiment de possibilité. Les jeunes peuvent être les architectes du possible : utiliser les structures de l’espoir pour bâtir des futurs courageux À travers chaque couche de l’écosystème jeunesse, une même vérité revient : l’espoir n’a rien d’abstrait. En contexte de polycrise, il devient une forme d’infrastructure — façonnée par des pratiques, des relations et des systèmes qui redonnent aux jeunes un sens de possibilité. C’est pourquoi des outils comme Tracer sa voie vers l’espoir, un pas à la fois sont essentiels. Ils offrent aux jeunes un point de départ — une façon de se reconnecter au sens, au pouvoir d’agir et à la direction. Et les jeunes sont prêts. Ils comprennent les enjeux et expérimentent déjà de nouveaux outils, y compris l’IA, pour se soutenir eux-mêmes et s’entraider. Ils veulent être partenaires de leur propre bien-être. Notre rôle est de les rencontrer là où ils sont et de créer les conditions pour que ce partenariat puisse s’épanouir. Notre responsabilité collective est de veiller à ce que chaque système de soutien qu’ils rencontrent nourrisse cet élan par des pratiques d’autonomisation authentiques. Lorsque nous le faisons, nous renforçons l’infrastructure plus large qui rend l’espoir possible. Les systèmes doivent soutenir la capacité des jeunes à imaginer, à agir et à croire en un avenir vers lequel il vaut la peine d’avancer. L’espoir est une forme d’infrastructure — et c’est quelque chose que nous pouvons construire, une conversation, une communauté, un jeune à la fois. Pour aller plus loin Cap vers l’espoir, un pas à la fois — version anglaise traduite par la CHSSN Version originale en français — Mouvement Santé mentale Québec et CAP Santé Outaouais Sources et lectures complémentaires Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ).Sondage MaVoixCompte 2025.https://mavoixcompte.org/wp-content/uploads/2025/05/25-002-RCJEQ-FR-RapportMVC25_v05.pdf Mouvement Jeunes et Santé Mentale.Portrait Jeunesse et Santé Mentale: Imaginer le changement ensemble — Infographies.Traduction anglaise par la CHSSN.https://mouvementjeunessm.com/wp-content/uploads/2026/04/ENG-Cahier-thematique-7-In-Short_compressed.pdf Mouvement Santé mentale Québec.Un pas, un geste, un mouvement — Full Campaign Resources.https://mouvementsmq.ca/campagnes/un-pas-un-geste-un-mouvement/ Share This Article Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email